L'HISTOIRE DU 1er MAI

Le XIXème siècle voit la naissance de la classe ouvrière. La prolétarisation du travail se développe au fur et à mesure que le machinisme industriel vient remplacer les anciennes formes de production. Les employeurs sont les maîtres absolus des entreprises et les conditions de travail sont misérables. Les journées de travail comportent souvent 15 à 16 heures par jour sans repos hebdomadaire et encore moins annuel. Des enfants de 6 ans travaillent souvent dans les usines et les mines, des femmes sont employées au fond de la mine et à des travaux pénibles et insalubres. Les ouvriers n'ont pas le droit de s'organiser. Le "droit de coalition" est seulement reconnu en 1824 en Grande-Bretagne, en 1864 en France (mais il faudra attendre 1884 pour le syndicalisme), en 1869 en Allemagne. Dans la seconde moitié du XIXe siècle et jusqu'à la première guerre mondiale, la population industrielle continue de croître constamment. Entre 1895 et 1914, le nombre d'ouvriers passe de 5 à 7 millions aux Etats-Unis, de 8 à 12.500.000 en Grande-Bretagne, de 3 à 4.500.000 en Russie. En France, la population ouvrière était en 1866 de 5.575.000 hommes et 3.385.000 femmes.

LA REVOLTE DES "CANUTS"

Le 21 novembre 1831 a lieu la première révolte des "Canuts" de Lyon qui occupent la ville au cri de "Vivre libre en travaillant ou mourir en combattant !". La monarchie française envoie 20.000 hommes de troupe et 150 canons pour réprimer "l'émeute". C'est à cette époque que le ministre français Casimir Périer déclarait: "Il faut que les ouvriers sachent bien qu'il n'y a pas de remède pour eux que la patience et la résignation !". Le 14 février 1834, nouvelle insurrection des "Canuts". Ils occupent les hauteurs de Lyon et feront face pendant 6 jours à 12.000 soldats.

La majorité des images ou photos est issue du site " mayday 2002 " auquel a collaboré l'IHS CGT, de sites américains et de Charlie Hebdo pour la dernière image. Sont ensuite rajoutées les affiches actuelles. Cette page est naturellement largement incomplète sur le sujet du 1er mai.
En 1840 d'importantes grèves corporatives se déroulent en France. A partir de 1848, les dirigeants ouvriers axent leurs revendications sur la journée de 8 heures, comprise dans une perspective d'éducation ouvrière : huit heures de travail, huit heures de repos et huit heures pour s'instruire et cultiver son corps. Le 22 février 1848 manifestation monstre à Paris et chute de la monarchie. Mise en place d'un gouvernement provisoire avec des démocrates et quelques socialistes. Le 23 juin 1848, insurrection des quartiers populaires de la capitale contre une seconde République dominée par la bourgeoisie. La répression sera terrible : des dizaines de milliers de travailleurs hommes, femmes, enfants, vieillards, massacrés, 25.000 arrestations, 15.000 déportés et emprisonnés. Mais, 1848, c'est aussi l'année de la publication du "Manifeste communiste" de Karl Marx. En 1864, est créée la Première Internationale Ouvrière et dans les pays industriels, malgré des difficultés énormes, le syndicalisme commence à s'organiser.

1864 : Première Internationale : En 1864, est crée la Première Internationale Ouvrière et dans les pays industriels, malgré des difficultés énormes, le syndicalisme commence à s'organiser.

1868 : les huit heures aux Etats-Unis : Le gouvernement américain accorde, en 1868, la journée de huit heures à tous les journaliers, ouvriers, artisans, employés par l'administration fédérale. Mais la loi n'est pas appliquée. Aussi, en 1881, la Fédération américaine du Travail (A.F.L.) décide de passer à l'action.

LA COMMUNE:

Le 18 mars 1871, à la suite de la guerre franco-allemande de 1870, une révolte populaire éclate à Paris. La Commune de Paris est créée. Elle sera écrasée quelques semaines plus tard par l'alliance des bourgeoisies française et allemande avec Thiers et Bismarck. 25.000 travailleurs parisiens seront massacrés par les forces de répression, les cadavres seront brûlés, 38.500 arrestations seront opérées, 13.700 seront condamnés à des peines allant jusqu'à 90 années de prison, 3.000 mourront dans les pontons, la prison, le bagne et l'exil. Durant les années 1873-1895 les crises continuent à provoquer des grèves violentes. En 1873, en Angleterre et surtout en 1899 à Londres où les dockers arrêtent tout travail. En Allemagne, grèves et manifestations des travailleurs de la Ruhr. En France, où le sang coule à Decazeville en 1886. En 1886 également, en Belgique révoltes populaires et fusillades à Roux et publication du "Catéchisme du Peuple" d'Alfred Defuisseaux, etc... A partir de 1848, les dirigeants ouvriers axent leurs revendications sur la journée de 8 heures, comprise dans une perspective d'éducation ouvrière : 8 heures de travail, 8 heures de repos, 8 heures d'éducation. En 1886, le Congrès National du Travail, aux Etats-Unis, marque sa volonté d'obtenir ce résultat.

LE CONGRES DE CHICAGO (1884)

Une loi de 1868, relative aux seuls travaux dirigés par l'Etat américain n'est pas appliquée. Aussi, en 1881, la Fédération américaine du Travail (A.F.L.) décide de passer à l'action. Le Congrès de Chicago de 1884 décide qu'à partir du 1er Mai (date du renouvellement des baux) de l'année 1886, ou bien les patrons accepteront la journée de 8 heures ou bien les ouvriers feront grève...

Premier Mai 1886

Au cours du IVe congrès de l'American Federation of Labor, en 1884, les principaux syndicats ouvriers des Etats-Unis s'étaient donnés deux ans pour imposer aux patrons une limitation de la journée de travail à huit heures. Ils avaient choisi de débuter leur action un 1er mai parce que beaucoup d'entreprises américaines entamaient ce jour-là leur année comptable. Arrive le 1er mai 1886. Beaucoup de travailleurs obtiennent immédiatement satisfaction de leur employeur. Mais d'autres, moins chanceux, au nombre d'environ 340.000, doivent faire grève pour forcer leur employeur à céder. Le 3 mai, une manifestation fait trois morts parmi les grévistes de la société McCormick Harvester, à Chicago. Une marche de protestation a lieu le lendemain et dans la soirée, tandis que la manifestation se disperse à Haymarket Square, il ne reste plus que 200 manifestants face à autant de policiers.

C'est alors qu'une bombe explose devant les forces de l'ordre. Elle fait une quinzaine de morts dans les rangs de la police. Trois syndicalistes anarchistes sont jugés et condamnés à la prison à perpétuité. Cinq autres sont pendus le 11 novembre 1886 malgré des preuves incertaines.

LE PROCES DE CHICAGO

L'instruction retint comme prévenus : Spies, Fielden, Neebe, Fischer, Schwab, Lingg, Engel et Albert Parsons. C'est seulement au bout de deux semaines et demie et après épluchage de 979 noms qu'un jury fut constitué, donnant toute garantie pour une condamnation impitoyable et exemplaire.

La preuve devait en être fournie plus tard par des dépositions sous la foi du serment. Le ministère publie organisa lui-même des faux témoignages. Bref, ce fut une caricature de jury, d'instruction, de procès, une ignoble parodie de justice devant aboutir à un jugement de classe dans toute l'acception du terme.

Le procureur requit la peine de mort, bien qu'il ait été impossible d'établir la moindre participation directe des inculpés à l'attentat. L'attitude de ceux-ci fut admirable. Parsons, réfugié chez des amis à Waukesha (Wisconsin) et qui avait les plus grandes chances de ne pas être découvert, se constitua prisonnier le jour de l'ouverture des débats pour partager le sort de ses camarades et, dit-il, "monter aussi, si c'était nécessaire, sur l'échafaud pour les droits du Travail, la cause de la liberté et l'amélioration du sort des opprimés "

"Le jour viendra où notre silence sera plus puissant que les voix que vous étranglez aujourd'hui" Augustin Spies
Ainsi, et bien que leur culpabilité n'ait jamais été établie, au terme d'un procès unique qui s'est déroulée dans une ambiance de furie meurtrière, le 21 juin 1886, 5 sont condamnés à mort, August Spies, Albert Parsons, Adolphe Fischer, Georges Engel et Louis Lingg, deux aux travaux forcés à perpétuité, Samuel Fielden et Michael Schwab et Oscar Neebe à 15 ans de prison. Il s'ensuit aussitôt une vague de protestation mondiale jamais connue à ce jour. En vain : August Spies, Albert Parsons et Adolphe Fischer, Georges Engel sont pendus le 11 novembre 1886, Louis Lingg ayant préféré se suicider la veille de l'exécution en se faisant sauter avec un bâton de dynamite.

L'Internationale

Paroles d' Eugène Pottier (Paris 1871)

Musique de Pierre Degeyter (1888)

Premier Mai 1890
En 1889, le Congrès socialiste international décide que dans tous les pays, représentés, on interrompra le travail le 1er Mai 1890. Première manifestation commune d'unité d'action internationale des travailleurs. En France, celle-ci se déroula dans un calme impressionnant et eut un effet immédiat : suppression du livret ouvrier, limitation à 10 heures de la journée de travail pour les femmes et les adolescentes, loi sur les accidents de travail, projet de loi sur les retraites ouvrières.
Résolution lors du Congrès de la Seconde Internationale (Paris-13 au 21 juillet 1889)
Place de la Concorde, la police disperse les manifestants
Premier Mai 1891 à 1906

LE MASSACRE DE FOURMIES

Ville du Nord de la France qui compte 2 filatures de coton en 1822 (15895 habitants en 1891)

Dès le printemps 1891, la journée du 1er Mai à Fourmies est préparée par des meetings auxquels participent des militants du Parti Ouvrier Français, tels Hippolythe Culine et Paul Lafargue (le gendre de Karl Marx). On y dénonce les conditions de travail déplorables et on revendique la journée de 8 heures de travail.

Selon le programme qui avait été établi par H. Culine, les ouvriers étaient invités à porter leurs revendications à la mairie de Fourmies, à 10h. Des festivités l'après-midi et un bal en soirée étaient également inscrits au programme.

Les Délégués ouvriers désignés en Assemblée générale des Travailleurs et réunis à Fourmies, au Café du Cygne, avaient retenu 8 revendications prioritaires :

  1. La journée de huit heures
  2. L'application de l'unification de l'heure pour la rentrée et sortie des fabriques et la même heure pour toutes, annoncée par la cloche locale
  3. Création d'une Bourse du Travail
  4. Révision générale des tarifs, suppression des règlements léonins, abrogation des amendes et des mal façons
  5. Fixation de la paie tous les huit jours et l'obligation réciproque de prévenir 8 jours à l'avance en cas de cessation de travail
  6. Suppression des octrois
  7. Amélioration hygiénique à apporter dans certains ateliers en particulier à Fourmies et sa région.
  8. Création de Caisses de retraites pour les ouvriers.

Les patrons répliquent par une adresse très vive "contre les meneurs étrangers" et les "théories révolutionnaires". Affichée le 29 avril et signée par tous les entrepreneurs, sauf un, elle tente de dissuader les ouvriers de participer à la manifestation. A la veille du 1er mai, les patrons ont exprimé leur inquiétude au maire qui demande un renfort de troupes au sous-préfet d'Avesnes en prévision de la journée du 1er Mai.

Histoire de dissuader les ouvriers à se mettre en grève, le patronat menacera également de licenciement tous les ouvriers qui arrêteront le travail. Devant les risques de débordements, ils finiront par obtenir du préfet qu'il mobilise un important dispositif de maintien de l'ordre. 2 compagnies d'infanterie seront donc mobilisées.

A 9 heures, la plupart des ouvriers de la ville sont en grève, et une seule filature reste en activité. Des ouvriers grévistes s'en approchent afin d'obliger "les jaunes" à cesser le travail. Après une échauffourée avec les gendarmes à cheval, 4 manifestants sont arrêtés. Des renforts sont demandés à la sous-préfecture qui envoie deux compagnies casernée à Maubeuge. Le 84e RI d'Avesnes est déjà sur place. Le premier slogan de la journée "c'est les huit heures qu'il nous faut " est alors devenu "c'est nos hommes qu'il nous faut ". Le reste de la journée se déroulent sans aucun incident majeur.

En début d'après-midi, le maire de Fourmies promet de relâcher à 17h00 les ouvriers qui avaient été arrêtés le matin. Il est 18h15, les 4 grévistes emprisonnés à la mairie n'ont toujours pas été libérés. Près de 200 manifestants arrivent alors sur la place de l'église et font face aux 300 soldats équipés du nouveau fusil Lebel. Les balles peuvent, quand la distance n'excède pas 100 mêtres, traverser trois corps humains sans perdre d'efficacité. Il est 18h20, les cailloux volent, la foule pousse.

Pour se libérer, le commandant Chapus fait tirer en l'air. Rien ne change. Il crie : " Feu ! Feu ! Feu rapide ! Visez le porte-drapeau ! " qui lui s'était avancé.

La fusillade va faire une trentaine de blessés et neuf morts parmi lesquels Maria BLONDEAU, jeune ouvrière de 18 ans, Kléber GILOTEAUX, un jeune conscrit de 21 ans et Emile CORNAILLE, enfant de 11 ans avec dans sa poche un petite toupie...

Ces morts, promus martyrs aux yeux des ouvriers, vont très vite devenir un symbole de la République répressive et de classe. " Car à Fourmies, c'est sur une gamine que le lebel fit son premier essai ..." (Montéhus). Maria BLONDEAU a été effet tuée à bout portant, les yeux dans les yeux de son exécuteur, d'une balle dans la tête ! Louise Hublet, 20 ans, sera tuée de deux balles au front et une dans l'oreille. Félicie Tonnelier, 16 ans, recevra une balle dans l'œil gauche et trois autres dans la tête. Kléber Giloteaux, le porte drapeau, a été touché par trois balles dans la poitrine et deux autres dont une à l'épaule… Un dixième décès sera à déplorer le lendemain. Camille Latour, 46 ans, commotionné après avoir assisté à la fusillade, décèdera des suites de ses blessures !

Les 10 fusillés de Fourmies seront inhumés le 4 mai devant une foule estimée à près de 30 000 personnes.

La presse du monde entier va alors s'emparer de cet évènement tragique. Partout en France, en Europe et même aux Etats-Unis, l'émotion est à son comble.

Autriche
1892 : création de l'Inspection du Travail
Le 22 mars 1841, après l'enquête du docteur Villermé, la première loi limitant le travail des enfants employés dans les manufactures est adoptée. Elle est à l'origine en 1892 de la création d'un corps d'inspecteurs du travail pour contrôler l'application de la réglementation naissante du travail.
 
1893 : loi sur l'assistance médicale gratuite

Il faut attendre la loi de novembre 1892 pour que la journée de travail soit fixée à 12 heures pour les hommes et 10 pour les enfants. Dans de telles conditions les caisses de secours mutuels sont indispensables à la survie ouvrière. Elles défendent pied à pied leur autonomie et obligent le législateur à enfin se pencher sur la protection sociale.

En 1893 une première loi sur l'assistance médicale gratuite est votée. Elle s'applique aux indigents quelle que soit leur catégorie socio-professionnelle. Dans la foulée de ce premier acquis, suivent les premiers régimes d'assurances sociales : dans les mines en 1894, aux chemins de fer en 1909

Premier Mai 1906

En un peu plus de dix ans d'existence, une revue marqua le journalisme et le dessin de presse.

L'Assiette au beurre (1901-1912) reste la réféérence en matière de presse satirique. Le concept en était simple : chaque numéro était consacré à un thème que, le plus souvent, un seul dessinateur la réalisait

Parmi les nombreux collaborateurs, le plus virulent fut assurément Jules-Félix Grandjouan. Prolixe, il réalisa à lui seul près du dixième de la production totale de L'Assiette au beurre.. Jules-Félix Grandjouan naît le 22 novembre 1875 à Nantes il y meurt en 1968.

" 8 heures de travail " placé sur le fronton de la Bourse du travail, le gouvernement envoie les forces de police, arrestation de manifestants Place de la République, à 20h30, 146 manifestants furent arrêtés
1er mai à Toulon, l'entrée de la bourse du travail
Portugal
Premier Mai 1907 à 1932

La Voix du Peuple

La première publication de la Cgt dont le premier numéro paraît le 1er décembre 1900, un peu plus de cinq ans après la création de la Confédération, en 1895 à Limoges.

Son premier directeur est Emile Pouget, un anarchiste bien connu, jusqu'en 1908, puis Georges Yvetot de 1909 à 1912 et Georges Dumoulin de 1912 à 1914. La discussion autour du titre est intéressante. Elle s'inscrit dans les orientations, qui seront formalisées dans la Charte d'Amiens en 1906, propres à l'anarcho-syndicalisme qui domine le mouvement syndical à ses débuts.

De fait, La Voix du Peuple sera de toutes les batailles menées par la jeune Cgt. Des numéros spéciaux sortiront à l'occasion du 1er mai ou de l'appel des jeunes appelés au service militaire, avec des illustrations signées par les plus grands caricaturistes, tels Steinlen, Grandjouan ou Maximilien Luce. La parution de La Voix du Peuple s'arrête à la guerre de 1914 à l'exception de quelques numéros édités comportant seulement des documents officiels.

Paris 1908, la police fait face aux manifestants du 1er mai
Montréal: 1er mai 1907 la police charge

1912

1915 - Belgique

Première page du supplément Avanti , Italie - 1er mai 1915

" la mort cheminant à côté de son cheval noir "

Dessin contre la guerre

En 1919, en France, la journée de 8 heures ayant été accordée par la loi du 23 avril 1919, le 1er Mai est l'objet de manifestations monstres dans le pays. A Paris, les manifestants se heurtent à la police et deux ouvriers sont tués.
Hongrie
1920
En 1920, L'URSS décide que le 1er mai sera désormais chômé et deviendra la fête légale du travail. Son exemple est suivi dans la plupart des autres pays.
1921
1929 - URSS

1er mai 1930 - Belgique

"de son drapeau rouge, l'homme protège sa femme et son enfant des chevaliers de l'apocalypse"

Italie 1930

Les 3 spots "Paix, 40 heures, Travail"

1er mai 1932 - Belgique

1er mai 1937. Paris.

En tête de la manifestation Marcel Cachin, Maurice Thorez, Paul Vaillant-Couturier et le secrétaire général de la CGT Léon Jouhaux.

1919 - Budapest - Hongrie

1926 : la revendication des congés payés

C'est sans aucun doute à l'occasion du congrès que tient la Cgt en 1926 (une partie de ses membres est allée fonder la Cgt- Unitaire) qu'apparaît pour la première fois la revendication des congés payés pour tous les salariés (certaines professions les ont déjà obtenus). C'est également en 1926 que la Cgt prend position en faveur des assurances sociales. Une question qui n'avait rien de consensuel puisqu'à l'époque des syndicalistes étaient contre toute cotisation payée par les salariés.

1929 : en Allemagne

Dans l'histoire sociale et politique allemande ce 1er Mai 1929 restera marqué d'une pierre noire. Les manifestations sont interdites à Berlin par le préfet Zoot Giebel. Les manifestants passent outre l'interdiction. La répression sera sanglante. Elle fera trente-trois morts et deux cents blessés. La division entre les communistes et socialistes est à son comble.

Premier Mai 1933 à 1945
1er mai 1934

12 février 1934 :

Les syndicats et partis de gauche organisent une imposante manifestation (en deux cortèges) (80 à 100 000 personnes) à Vincennes en réaction à la montée de l'extrême droite, première étape vers la constitution du Front populaire

1936 : Le 1er Mai du Front populaire

Dans l'histoire du 1er Mai l'année 1936 est certainement une des plus importantes. Plusieurs événements vont la marquer. D'abord dès le mois de mars se tient du 2 au 6 mars le congrès au cours duquel la Cgt se réunifie.

Ensuite la manifestation du 1er Mai tombe deux jours avant les élections législatives qui vont porter au pouvoir les forces politiques du Front populaire. Enfin après un mouvement de grève mémorable sont signés en juin les accords de Matignon qui légalisent la semaine de quarante heures, les congés payés ainsi que les conventions collectives. L'année suivante le 1er Mai 1937 aura lieu sans doute la plus grande manifestation jamais organisée en France.

En 1941, le régime de Vichy transforme ce rendez-vous ouvrier en jour férié, "fête du Travail et de la Concorde sociale".

Le 29 avril 1947, les autorités issues de la Libération reprennent la mesure.

Le 1er mai est officiellement déclaré jour chômé-payé dans toutes les entreprises françaises, et le restera.

1er mai 1937 - Manifestation à Genoble

" Gernica "

La toile exprime toute l'horreur et la colère ressenties par Picasso à la suite du bombardement de Guernica. Sa réalisation commença le 1er mai 1937 à Paris, sous la commande du gouvernement républicain espagnol, pour être exposée le 25 mai, moins d'un mois après donc, au pavillon représentant l'Espagne lors de l'Exposition universelle de Paris de 1937.

1937 - Mantes la Jolie

1er mai 1939 - Belgique

1941- fête du travail

Place de la Concorde à Paris, le 1er mai 1947. Discours de M. Thorez, secrétaire général du PCF

Premier Mai 1949 à 1960
1949

1954 : les manifestations sont interdites. Alors que la guerre d'Indochine se termine pour les autorités françaises avec la partition du Vietnam, une autre guerre, une guerre sans nom commence en Algérie. Elle va durer huit ans.

Dès lors les manifestations seront interdites dans Paris. Celle du 1er Mai 1954 se transformera en un rassemblement sur la pelouse de Reuilly. Il faudra attendre quinze années c'est-à-dire 1968 pour qu'à l'initiative de la Cgt, à nouveau, le monde du travail se donne rendez-vous dans les rues de Paris pour défiler un 1er Mai. Le cortège partira de la République pour se rendre à la Bastille, symbole des libertés recouvrées. Depuis, les cortèges du 1er Mai ont connu des fortunes diverses. La manifestation la plus importante de l'après-mai 1968 fut probablement celle de 1975, qui fut prétexte à fêter la fin de la guerre de Vietnam.

1er mai 1950 sur la place Venceslas à Prague. Au premier plan, les portraits de Klement Gottwald et de Staline, suivis de la devise - "Pour la paix, la patrie et le socialisme"

1949 Bulgarie

Charles Keller graphiste américain symbolise le désir de l'ouvrier américain pour une vie paisible à ses enfants. Il choisit la haine de l'ouvrier à la guerre comme thème pour cette journée de mai

1952 - Allemagne

1953 - Belgique
1er mai 1954 - Chine - Mao et les autres dirigeants du PC applaudis par la foule

1954

1960

Dès 1942 diverses centrales syndicales, européennes et américaines, souhaitent constituer une internationale, aboutissent à la conférence de Londres (du 6 au 17 février 1945).

3 tendances se dessinent : les syndicats soviétiques et les syndicats européens sympathisants (dont la France et l'Italie) ; les syndicats nord-américains, menés par le Congress of Industrial Organizations (C.I.O.), la plus grande centrale américaine.

L'American Federation of Labor (A.F.L.), ayant refusé de participer ; une tendance centriste, très réticente face à l'enthousiasme unitaire qui s'exprime à cette conférence, est représentée par les syndicats de Grande-Bretagne, des pays nordiques et des pays neutres.

Le congrès constitutif de la FSM s'ouvre à Paris le 25 septembre 1945. La Fédération syndicale mondiale est créée en prolongement de la Fédération Syndicale internationale, créée elle, en 1919

La FSM regroupe, dans une démarche unitaire, les syndicats autrefois affiliés à la FSI et les indépendants à l'exception des adhérents de la Confédération Internationale des Syndicats Chrétiens.

La CGT fait partie des organisations fondatrices de la FSM

Premier Mai 1961 à 1999

1968 - Couverture du "Peuple" mensuel de la CGT

Mai 1968

Les syndicats (CGT, CFDT) déclenchent une grève générale et appellent à manifester avec les étudiants qui manifestent depuis le début du mois. Une foule de 800 000 personnes (170 000 selon la police) envahit les rues de Paris aux cris de " 10 ans, ça suffit ! ", en allusion au dixième anniversaire du retour au pouvoir de De Gaulle. Deux millions de grévistes le 18 Mai, dix millions le 23 Mai.. En mai et juin sept millions de travailleurs en grève et occupent leurs usines.

Accords de Grenelle : augmentation de 35% du salaire minimum, reconnaissance de la section syndicale à l'entreprise ...

1er mai 1973 de l'Hôtel de Ville à la Place de la Nation
1978
Belgique 1970
Belgique
Belgique 1998

1980

Une guirlande pour le 1er mai 1895 -

dessin de Walter Crane - USA

1980 - URSS
1882 - New York
Enfin ! - Hongrie

1902 - Italie

New York - 1930

Australie - 1942
1er mai 1965 - Cuba
Premier Mai 2000 à de nos jours
La CGT a 100 ans
2002

2002

Le premier mai se situe entre les deux tours de l'élection présidentielle, Restent au second tour 2 candidats :Jean-Marie Le Pen (Front national-Extème droite) et Jacques Chirac (Rassemblement pour la République-Droite) le candidat socialiste Lionel Jospin est éliminé.

Toute une série de mouvements tels la constitution d'un front anti-Le Pen, les forces de gauche et les syndicats appellent à battre Le Pen et à lutter contre l'abstention.

Jacques Chirac est élu au second tour avec 82,21 % des suffrages exprimés.

2004 - Kurdistan
2006 - Irak
Belgique
2008
2008 - Régularisation des travailleurs sans papier

2009

Fédération Syndicale Mondiale
Rassemblement pour les immigrants et les droits des travailleurs - Portland - USA

1er mai 2010 - Paris

2010 - Australie
2010 - Affiche Montréal
Affiche FSM
Premier mai 2011 - Iran
1er mai 2011 - Istambul - Turquie - Manifestation du Parti Républicain du Peuple
USA - Occupy Wall Street - 2012

Comme en, 2007, ce premier Mai 2012 a été marqué par les élections présidentielles en France situé entre le premier et deuxième tour (6 mai)

La CGT appelle à battre la droite.

Le 6 mai le candidat Sarkozy (UMP) est battu, François Hollande (Parti Socialiste) est élu Président de la République.


(réédition de l'affiche de Charb du 1er mai 2010)

Le Premier Mai par l'image
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